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L'hypothèse de la Maurienne

Si on imagine Hannibal remonter la vallée du Graisivaudan dans la perspective de rejoindre le col du Petit-Saint-Bernard ou celui du Mont-Cenis, il va rester en plaine sur une très longue distance, ce qui n'entre pas dans les critère de Polybe. Le col du Petit-Saint Bernard perd ici toutes ses chances de rester en compétition car la montée dans les Alpes attendue entre 133 et 151 km ne peut pas se présenter. Les commentateurs, adeptes de la vallée de la Maurienne qui mène au Mont-Cenis et à ces satellites ont donc essayé de trouver une montée qui pouvait coïncider avec la distance de 140 km. Ce kilométrage amène à Goncelin, au milieu de la Vallée du Graisivaudan qui n'offre pas à cet endroit précis de voie en direction de l'Italie . Par contre, un peu plus loin à 152 km, (hors fourchette pour 1 km) Pontcharra se trouve au pied d'une route qui remonte la vallée des Huiles, raccourci vers la vallée de la maurienne. Ce qui est génant et très peu logique dans cette hypothèse c'est le fait de jouer à saute-mouton sur une bosse de 1200 m d'altitude alors qu'il suffit de la contourner facilement et rapidement en terrain plat en continuant à suivre l'isère, puis à remonter l'Arc depuis sa confluence. Mais dans le cas de ce contournement, on n'est plus en phase avec le texte de Polybe puisque le pieds de la montée situé à 140 km ou un peu plus loin n'existe plus. La franche cassure pays de plaine/ pays alpin n'existe pas non plus sur ce parcours puisque la vallée de la Maurienne s'élève très progressivement au delà de Saint-Michel de Maurienne. De toutes les vallées alpines à l'époque d'Hannibal, la Maurienne est certainement la moins peuplée de toutes et la plus méconnue. Il n'est pas très concevable qu'Hannibal est pris le risque d'entraîner son armée dans une longue vallée inconnue, déserte et inhospitalière quand on sait qu'il lui était indispensable de s'appuyer sur le pillage de populations importantes pour nourrir entre 40 000 et 50 000 hommes (plus de 60 000 au départ) et de nombreux animaux.

Si on s'en tient aux descriptions de Polybe, la vallée de la Maurienne ne peux pas être retenue. Après les premiers combats contre une tribu gauloise, hannibal traverse tranquilement pendant 4 jours le reste du territoire et rencontre ensuite une nouvelle et importante peuplade qui saluait son passage avec des rameaux d'olivier. Il est très improbable qu'une population importante différence de celle de basse maurienne, se soit installée en haute maurienne. On n'a jamais retrouvé d'indice ni de pièces de monnaie en haute Maurienne. Le détail du rameau d'olivier incompatible avec le climat de cette région.

Dans l'hypothèse de la Maurienne quatre cols se disputent la consécration : le col du Mont-Cenis (2083 m), le col du Petit Mont-Cenis (2182 m), le col du Clapier (2482 m), et le col de Savine-Coche (2503 m). Le lecteur ayant une expérience de la randonnée alpine peut d'amblé être étonné d'une telle altitude surréaliste pour le passage d'une immense armée et de son matériel.

Il faut expliqué qu'au début du XXe siècle, il y eu une véritable mode dans la recherche du passage d'Hannibal qui consistait à trouver un col d'où on pouvait voir au loin la plaine du Pô conformément à la description de Polybe. Le col de Savine-Coche est le seul col qui réponde à ce critère avec le col de Larche. Cette théorie à été developpée par un médecin anglais, grand amateur de chasse au chamois, qui passait ses vacances dans son chalet de Maurienne au début du XXe siècle. Marc de Lavis-Trafford proposa d'abord le col du Petit Mont-cenis, puis le col du Clapier. Il découvrit plus tard une autre brèche jumelle du col du Clapier et qui possède un névé (plaque de neige) sur le versant italien comme le veut la description. Ce qui désert l'hypothèse de lavis-Trafford, c'est l'altitude du col qui dépasse les 2500 m et surtout la descente impraticable pour des animaux de bâts, alors que la vallée de la Durance offrent plusieurs cols à des altitudes largement inférieur à 2000 m où peuvent passer des chars attelés.

Quoi qu'il en soit, la vallée de la Maurienne, avec le col de Savine-Coche est actuellement l'hypothèse "officielle" des scientifiques et des érudits, non pas pour la présence du névé ou de la vue du sommet, mais parce que il est devenu habituel d'admettre que le texte de Tite-live et le texte de Polybe décrivent deux itiniraires différents. Tite-Live décrivant la route méridionale de la Durance et Polybe la route septentrionale. Comme Hannibal doit obligatoirement aboutir dans la vallée de la Doire Ripaire italienne, la vallée de la Maurienne devenait une alternative de choix. Nous verrons plus loin qu'une mauvaise interprétation de la traduction du texte de Tite-Live est à l'origine de cette confusion.

 

Le texte de Polybe

Le texte de Tite-Live

 

 


L'itinéraire de la maurienne
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