| Page précédente | . . . . | Retour Accueil | . . . . | Page suivante |

L'hypothèse de la Durance

Le cheminement qui résulterait d'une réflexion logique de la part d'Hannibal serait de rejoindre au plus vite la route qu'il avait prévue initialement, c'est à dire retrouver la vallée de la Durance, terrain connu et sans surprise pour l'avoir longuement préparé. Depuis Grenoble, c'est très facile et des cheminements gaulois très anciens permettaient déjà d'y accéder. Les trois routes principales qui rejoignent la voie classique de la Durance passent par la vallée de la Romanche, la vallée de Drac et la vallée de la Gresse.

Hypothèse de la vallée de la Romanche

C'est une solution très peu crédible, car comment imaginer alors que la saison est déjà bien avancée, qu'Hannibal ait pu entreprendre l'ascension du col du Lautaret à plus de 2000 m d'altitude, avec toutes les difficultés que cela comporte. Ce tracé est incompatible avec la progression d'une armée si importante. De plus c'est une route, comme celle de Maurienne, à vocation estivale et qui devient vite impraticable dès les premières chutes de neige très tôt en automne. Son seul atout est d'être la voie la plus rapide pour rejoindre l'Italie depuis Grenoble. A l'époque d'Hannibal, la route du col du Lautaret quittait la vallée de la Romanche à Rochetaillée et le pied de la montée se siturait à Allemont. la route rejoignait l'Alpe d'Huez, Brandes, Auris et retrouvait la Romanche. Cette hypothèse place le pied de la montée à 158 km, et n'est pas compatible avec le texte de Polybe. D'autre part, comme la vallée de la Maurienne, la vallée de l'Oisans était une vallée à faible population.

Hypothèse de la vallée de la Gresse

Il est possible également de rejoindre la vallée de la Durance en remontant une partie de la vallée de la Gresse et en traversant le plateau du Triève. C'est un tracé sans grandes difficultés si ce n'est le passage du col de la Croix-haute. Ce parcours n'est pas très crédible car même si il est très facile, il est concurrencé par un autre parcours tout aussi facile et beaucoup plus court qui permet de rejoindre la Durance en empruntant la vallée du Drac.

Hypothèse de la vallée du Drac

La route la plus évidente pour rejoindre la Durance lorsque on se trouve en Allobrogie et de remonter la vallée du Drac pour passer le col Bayard. Il n'est possible de remonter très loin cette vallée car dans les gorges profondes et inhospitalières à l'emplacement de l'actuel barrage de Mont-Eynard il n'y a plus de chemin tracé. Celui-ci quitte le fond de la vallée du Drac à la hauteur de Saint-Georges de Commier pour s'élever sur le versant est de la vallée permettant de rejoindre le plateau Matheysin à 900 m d'altitude. De toutes les hypothèses abordées jusqu'à présent, c'est la seule route qui propose une vraie rupture entre pays de plaine / pays alpin. La route reste ensuite en altitude jusqu'aux plaines italiennes. D'autre part, Saint-Georges de Commier entre dans la fourchette définie par Polybe avec une distance de 136 km. Notons aussi qu'il existe une seconde route gauloise qui n'est qu'une variante de la première et qui mène au plateau matheysin. Elle part de Séchilienne (située à 137 km de Valence), passe par Saint-Barthélémy, le Sapey et Laffrey. La première variante est la plus logique et la plus rapide.

Cette hypothèse est aussi la seule qui rend crédible l'attaque gauloise dans la montée. Il fait bien admettre que les hordes gauloises ne pouvaient pas s'attaquer de front à une armée si grande et si impressionnante. Par contre lorsque la caravane carthaginoise s'étire sur des dizaines de km et se fragmente en petits groupes isolés, elle devient vulnérable. La montée de la Mure s'étend sur une vingtaine de kilomètres, soit plus que la longueur d'une étape ordinaire. Elle correspond à la description de Polybe qui annonce que la montée se fait en deux étapes. Il est pratiquement impossible de sécuriser militairement un tel passage vu sa longueur. Comparativement la montée de la montagne de l'Epine, au dessus de Chambéry fait moins de 2 km.

D'autre part, d'après Polybe, lors des attaques gauloises, la progression de l'armée carthaginoise ne se fait pas dans le fond d'une vallée, mais à flan de coteau, ce qui concorde très bien avec la topographie des lieux. la vallée du Drac par sa longueur et sa configuration s'harmonise de façon précise avec le texte de Polybe. Le point le plus important étant le changement de vallée au niveau du Col de manse (proche du col bayard) qui correspond à la rencontre avec une nouvelle population. Le détail des rameaux d'olivier portés par les habitants renforçant même cette thèse puisque Gap est en limite de la zone de l'olivier provençal.



Afin de mieux suivre les péripéties
d'Hannibal dans les Alpes,
vous trouverez sur toutes les pages
ces deux liens de référence.

Le texte de Polybe

Le texte de Tite-Live

 

 

L'itinéraire de la vallée du Drac
Agrandir la carte